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Solennité du Sacré-Cœur 2020

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Textes : Deutéronome 7, 6- 11 ; 1 Jean 4, 7- 16 et Matthieu 11, 25- 30

Frères et sœurs dans le Seigneur, Shaloom !

En cette solennité mémorable du Cœur Sacré de Notre Seigneur Jésus-Christ, je joins ma prière aux vôtres pour glorifier le Maître de la vie et des circonstances qui assure nos existences et nous procure la paix du cœur, même au milieu de la tourmente.

Par son Fils Jésus, Dieu, le Père nous a promis qu’Il ne nous abandonnera jamais si nous gardons notre foi et notre confiance en lui. Il a déversé son Esprit sur l’Eglise pour que nous pénétrions les mystères de sa bonté et de son amour pour l’humanité.

Nous pensons particulièrement aux malades qui, dans divers hôpitaux, attendent le secours de sa main puissante. Que par la Vierge Marie, la Mère de toutes les aides, Jésus nous prenne en pitié et écoute nos supplications en ce jour où nous adorons son cœur ouvert d’où nous viennent la vie, la paix, le secours et l’espérance.

En ce 12 e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous convie à célébrer la solennité du Cœur divin offert pour le monde.

Dans la préface de cette solennité, tout le peuple des rachetés reconnaît que Jésus, dans un immense amour, fut élevé sur le bois de la Croix, en s’offrant lui-même pour toute l’humanité. De son côté transpercé d’où ont jailli l’eau et le sang, il a fait naître les sacrements de l’Eglise pour que les hommes, attirés vers son cœur, viennent puiser la joie aux sources vives du salut.

Oui frères et sœurs, au milieu de la Covid-19, confinés comme nous sommes chacun dans son coin, nous nous sentons attirés, comme un seul cœur, vers la source ineffable de notre salut. Même la mort ne peut pas avoir d’emprise sur nous, car elle a été vaincue sur la croix. « Ô mort, où est donc ta victoire ? »

En cette solennité, nous contemplons le Cœur même de Dieu qui déverse sur le monde son immense amour en nous assurant la vie éternelle, la joie et la paix sans fin, déjà dans ce monde si désemparé.

Venant moi-même de la Paroisse du Sacré-Cœur de Gombe, je m’associe à la joie et aux louanges de chaque membre de notre communauté paroissiale qui fête les 55 ans de son existence en cette année 2020. cette  solennité est singulière et particulière car elle est notre fête patronale et nous rappelle notre vocation communautaire, celle d’être des missionnaires et dispensateurs de l’amour qui inonde le cœur sacré de Jésus dans le monde.  Que Dieu reçoive toute la gloire.

Les trois lectures proposées pour ce dimanche nous replacent devant Dieu. Pourquoi le Seigneur nous choisit-il ? Les conséquences qui découlent de ce choix et la récompensent de ceux qui persévèrent dans la foi aux promesses divines en disent long. Le langage utilisé est celui de l’élection, du choix. Si les élections humaines se fondent sur les mérites et les stratégies des candidats, l’élection divine, au contraire, n’obéit qu’aux règles tenues dans le secret de Dieu. Elle n’est influencée ni par la grandeur ou l’importance du sujet élu. Elle est plutôt de l’ordre de la gratuité et de la bienveillante souveraineté divine. C’est pourquoi Moise s’emploie à rappeler à Israel que Dieu ne le choisit pas en raison de sa grandeur, mais par pur amour et pour l’observance de la loi.

Dans la première lecture, Dieu parle à son peuple à travers Moïse :

« Tu es un peuple consacré au seigneur ton Dieu (…) Si le Seigneur s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C’est par amour pour vous (…) que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a racheté de la maison d’esclavage (…). »

Le vieux prophète à qui Dieu parle était un homme important en Egypte qu’il a du fuir à 40 ans pour aller à Madian. Mais il devait revenir affronter Pharaon pour libérer le peuple de Dieu de la servitude. Dieu lui avait parlé dans le buisson ardent. Il l’avait choisi pour rassembler son peuple et le conduire vers le pays où ruisselaient le lait et le miel.

Et Dieu conclut une alliance avec son peuple : « Tu sauras donc que c’est le Seigneur ton Dieu qui est Dieu, le Dieu vrai qui garde son alliance et sa fidélité pour mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements. »

C’est l’appel à un cœur à cœur avec Dieu. Nos ancêtres n’ont pas souvent répondu à cet appel. Ils se sont souvent rebellés, brisant l’élan d’amour que Dieu leur proposait. Ils se sont mis à fuir la présence de Dieu, envoûtés par d’autres préoccupations.

Aujourd’hui, devant ce Cœur, quelle réponse donnons-nous ? Aimons-nous Dieu au-dessus de tout ? Respectons-nous ses commandements ? Il y a donc lieu en cette solennité de nous demander et de nous interpeler sur la destination et la finalité de toutes nos potentialités. Sont-elles mises au service du bien ou de la malice ? Servent-elles à la construction d’une société harmonieuse ou à la déstabilisation de nos communautés et de nos structures ?

Rappelons-nous de la réponse de Jésus à la question du Scribe : « Maître, quel est le plus grand commandement ? » « Tu aimeras le seigneur ton Dieu, de tout ton cœur… et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

C’est ainsi que dans la deuxième lecture, saint Jean reprend le message central de Jésus : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. »

Frères et sœurs,

L’amour dont parlent les Ecritures n’est pas de l’émotion qu’on sent à un moment et qui disparaît lorsqu’on s’en lasse. L’amour, c’est l’identité de Dieu. C’est l’épanchement d’un père pour ses enfants malgré toutes les misères que ceux-ci peuvent lui causer. Si nous voulons être des fils et des filles du Sacré-Cœur, nous devons demander cet amour divin et en vivre au quotidien. Chacun de nos gestes, chacune de nos décisions devraient être mesurés à l’aune de cet amour.

L’amour que nous avons reçu de Dieu doit se traduire dans des actes de miséricorde que nous destinons à nos frères et sœurs, surtout envers ceux et celles qui sont les plus vulnérables. Cet amour se traduit par la passion, la compassion et l’action. Ces trois mots constituent la catéchèse du sanctuaire Notre Dame du Sacré-Cœur que nous construisons à Inye. Le véritable amour débouche sur l’action. L’amour se construit et  se tisse. Il est une relation qui demande l’abnégation au profit du prochain. En clair, l’amour est une « relation » ; c’est une réalité qui grandit, et on peut le comparer, par exemple, à la construction d’une maison. Et une maison se construit ensemble, pas tout seul ! Construire, cela signifie partager et aider à grandir. Il est intéressant que nous nous posions la question sur notre manière d’aimer pendant cette période où la Covid-19 bouscule le monde. Chacun est appelé à contempler le Cœur de Jésus pour se demander : « Qu’ai-je fait pour le Christ ? Que fais-je pour le Christ ? Et que dois-je faire pour le Christ ? » Car le vrai amour s’accompagne toujours de signes visibles qui dévoilent le cœur aimant de l’homme. Sinon, il est lettre morte.

Telle est la véritable adoration du Sacré-Cœur de Jésus : « Se disposer à accueillir l’amour de Dieu dans nos vies et se décider à être l’instrument de cet amour dans notre monde si désemparé. »

Sur les pas de saint François d’Assise, nous devons chaque jour dire au Cœur de Jésus :

Seigneur, fais de moi l’instrument de ton amour manifesté sur la croix,

Là où il y a la discorde que je mette l’union ; là où il y a des pleurs que je mette le sourire…

Dans l’Evangile de saint Matthieu, Jésus, le Fils de Dieu, Maître de l’univers revient sur sa compassion pour le monde qui préfère l’ignorer. Il s’adresse en particulier à ceux qui pensent trouver la vie par leurs propres efforts, mais n’y arrivent pas.

« Venez à moi, vous tous qui ployez sous le poids du fardeau. »

Venez… je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, je vous aime tel que vous êtes.

Venez… devenez les disciples de l’ami doux et humble de cœur

Venez… vous trouverez le repos, si vous m’aimez. Oui, mon joug est facile, mon fardeau, léger. Vous aurez le repos à mes côtés.

Le Seigneur nous appelle pour que nous construisions son Royaume, c’est-à-dire transformer nos rapports humains, apprendre que nous sommes des frères et sœurs afin de conjuguer les verbes suivants au temps présent de l’indicatif : aimer, pardonner, se mettre au service les uns des autres. Et Jésus reprend toute la loi, en la centrant sur le commandement de l’amour. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », nous dit-il.

« Venez à moi ». Quelle grande consolation de se savoir aimer par un Cœur si aimant, qui nous attend toujours, malgré nos dérobades.

Venez à moi. Jésus nous appelle tous sans distinction. Il veut que nous entrions dans son école pour nous façonner par son amour. Faire le bien, c’est répondre à l’appel de Jésus, et vivre dans le mal signifie refuser cet appel. A chacun de voir s’il répond ou pas à l’appel du seigneur.

Dans son encyclique « Miserentissimus Redemptor », le Pape Pie XI nous exhortait que « l’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus. » Tous ceux qui suivent Jésus-Christ, mort et ressuscité, se doivent :

De réparer par la prière et par la pénitence, unis aux prières et aux souffrances du Cœur de Jésus, les crimes des hommes, nos propres crimes, les outrages contre notre foi et notre religion ;

De réparer les crimes que nous chrétiens imposons à notre patrie par toutes sortes d’injustices et de souffrances dont nous sommes les auteurs ou les responsables vis-à-vis de nos semblables.

Qu’est-ce qui sort de mon cœur, qu’est-ce qui sort de nos cœurs ? Pour être à l’école de Jésus, apprenons à cultiver ce qui fait vivre, ce qui donne la vie. Convertissons nos cœurs pour qu’ils deviennent des sources de pardon, d’écoute, de patience ; des cœurs qui portent et supportent ; des cœurs qui entendent les pleurs de l’autre surtout du pauvre.

Mes chers frères et sœurs, c’est étonnant quand : quelqu’un agit mal, nous disons en lingala : « Moto wana azali motema mabe ». Le cœur est toujours pointé du doigt. Car dit-on, le cœur est le siège par excellence de l’affectivité, des sensations et de l’intuition, la source de tous les sentiments, des pensées bonnes ou mauvaises. C’est le cœur qui est le moteur de tout l’agir humain, de l’agir chrétien. Le cœur est le sanctuaire du dialogue entre Dieu et l’homme, entre l’homme et l’homme, à telle enseigne que ce qui sort du cœur de l’homme révèle la personne dans son intégralité et dans son intimité. De ce fait, pour être un bon chrétien, il faut être au préalable un bon humain. « Mpo na kozala mokristu molamu, esengeli kozala naino moto malamu. »

Il y a des choses qui ne nécessitent pas d’être chrétien pour les faire. La courtoisie, le respect, le bon sens, la gratitude, la politesse… sont des qualités humaines provenant de la disposition du cœur, de l’éducation, etc.

Pour nous chrétiens, saint Jean Paul II disait : « C’est auprès du Cœur du Christ que le cœur de l’homme apprend à connaître le sens véritable et unique de sa vie et de son destin. C’est auprès du Cœur du Christ que le cœur de l’homme reçoit la capacité d’aimer. »

« Venez à moi, vous tous qui peinez » Jésus se pose comme la seule et véritable source de joie et de quiétude, contrairement aux scribes et pharisiens qui prétendaient être maitre de la sagesse et porteurs du bonheur. L’invitation est faite à chacun de nous pour abandonner les sources de bonheurs illusoires afin de s’accrocher à Jésus, l’unique voie qui conduit à la vie bienheureuse.

Ouvrons nos cœurs à celui qui a souffert mais qui aime sans mesure. Associons aussi ceux qui ne l’ont pas encore rencontré.

Pour que le Cœur Sacré de Jésus soit davantage connu, aimé et adoré, demandons cette grâce par l’intercession de la Vierge Mère, le Cœur qui a porté le Cœur Sacré de Dieu.

Crispin MBALA,sj.

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