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Pape François

Homelie du 2e dimanche du temps de Carême Année B

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Textes : Genèse 22, 1-2. 9- 13. 15- 18 ; Romains 8, 31b- 34 et Marc 9, 2- 10. 

Frères et sœurs, Shaloom !

Aujourd’hui, nous célébrons le deuxième dimanche du temps de Carême, temps qui nous prépare, en compagnie de nos catéchumènes, à faire tous la profession de notre foi à la veillée pascale.  C’est le dimanche de la Transfiguration qui est l’anticipation de la gloire du Christ après sa passion, sa mort et sa résurrection.

Les Apôtres Pierre, Jean et Jacques viennent de vivre une expérience exceptionnelle en voyant le Christ dans sa gloire. Ils seront aussi les témoins de son angoisse à Gethsémani. Jésus les amena à l’écart sur une haute montagne. Là, loin de la foule, seulement avec ses trois disciples, il prie Dieu son Père.

Deux points pour notre méditation de ce dimanche : La montagne et la voix

  1. La montagne

    La montagne comme lieu d’élévation exprime la proximité avec Dieu, Notre Père tout-puissant. Gravir une montagne pour nous chrétiens, c’est créer un temps de cœur à cœur, de face à face avec Dieu. Et ce contact est vital dans notre vie de foi. Il nous permet de parler à Dieu et de l’écouter, Lui qui nous parle au fond de notre cœur…

    Pour nous aujourd’hui la montagne est le temps de prière, la messe quotidienne ou dominicale, les trente minutes de l’adoration, comme dîme de notre temps à Dieu, le chemin de croix chaque vendredi pendant ce temps de Carême.

    Cherchons aussi à faire de vos maisons les montagnes de rencontre avec Dieu. Initions nos enfants à la prière, surtout en ce temps privilégié où l’Eglise nous invite à prier avec assiduités. Si nous transformons, ainsi, nos foyers en véritable montagne de la rencontre, nous résoudrons doucement nos différends. Pour ce qui dépasse nos capacités, Dieu s’en chargera. Les tensions seront fraternellement résolues et les incompréhensions religieusement surmontées avec la force intérieure que Dieu donne à ceux font de lui leur compagnon de tous les jours.

    La prière est l’un des piliers du temps de Carême. Elle nous aide à rentrer en nous-mêmes pour découvrir nos zones d’ombres afin de demander à Dieu de les éclairer de son Esprit. Car prier, c’est laisser Dieu prendre le centre de notre vie.

    Comme l’évangile de ce dimanche le montre, c’est dans la prière que les trois disciples ont vu la gloire de Dieu à travers son Fils Jésus-Christ. « Et il fut transfiguré tel que personne sur cette terre ne peut obtenir une blancheur pareille. »

    Tout l’être de Jésus fut transfiguré, et la joie a habité le cœur de Pierre, Jean et Jacques. Une personne qui prie doit devenir comme un aimant qui attire les émailles de fer. Les disciples sont émerveillés et veulent bien y rester : « Rabbi, il est bon que nous y restons », dit Pierre à Jésus.

    Aujourd’hui, la plupart des gens prient. Cependant, la jalousie, la mésentente, la calomnie, le faux témoignage, l’égoïsme, la médisance, le tribalisme, l’individualisme, etc. font partie de leur agir quotidien. Ce constat nous pousse à nous demander si nous prions vraiment en Esprit et en vérité, c’est-à-dire en confessant nos péchés et en rappelant à Dieu ses promesses.

    Comment une famille qui participe à la messe, chaque jour, ne mène-t-elle pas une vie harmonieuse ?

    Comment les frères et sœurs qui occupent des postes de commandement n’arrivent-ils pas à témoigner de Jésus-Christ  et ne font que s’entredéchirer et se détruire pour des intérêts égoïstes qui ne profitent pas à la communauté ?

    La prière doit nous transformer, sinon elle ressemble à du vernis sur le bois. Pour mieux vivre et se transformer, l’homme doit prier sa vie et vivre de sa prière. Car l’orant exprime dans la prière tout ce qu’il vit de bon ou de mauvais, ses joies et ses peines, son bonheur et son malheur. De la sorte, il va quitter ses apparences pour revisiter sa vie intérieure. D’où la nécessité d’écouter la voix du Seigneur.

  2. La voix

    Les disciples écoutèrent cette voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le. »

    Quelles sont les voix que nous avons l’habitude d’écouter ? Rappelons-nous qu’il y a la voix et des voix.

    Il y a la voix du Seigneur qui ne cesse de dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma confiance.» Et beaucoup d’autres voix bruyantes, pleines de promesses et de séductions qui nous sollicitent aussi: « Volez, allez et prouvez que vous êtes un homme, une femme ». Ces mêmes voix nous sont également familières. Elles sont toujours là et nous atteignent dans ces zones intérieures où nous remettons en question notre rectitude, où nous doutons de notre identité chrétienne. Elles veulent que nous prouvions, à nous-mêmes et aux autres, que nous méritons d’être aimés, elles nous poussent constamment à faire tout ce qui est possible pour nous faire accepter: tuer, voler, tricher, injurier, tromper, etc.

    Chaque fois que nous nous laissons emporter par ces voix, nous quittons la maison comme fils pour devenir esclave, et nous perdons confiance dans la seule voix qui nous appelle « bien-aimés », pour marcher à la suite des voix qui nous offrent des mirages, des illusions. C’est alors que nous péchons, et nous nous séparons de Dieu et de notre prochain.

    Frères et sœurs,

    Quand nous oublions la voix du premier amour inconditionnel, la voix de Dieu, viennent alors des suggestions qui nous détournent de Lui : « Quand tu cesses de produire, les gens se désintéressent de toi. Quand tu tomberas malade, la société va t’abandonner. A ta mort, on trouvera une autre personne pour te remplacer ».

    Toutes ces voix peuvent facilement dominer notre vie et nous entraîner vers « le pays lointain » : loin de Dieu, loin de sa Parole, loin de sacrements, loin de la famille, loin de la vraie joie.

    Ce n’est pas très difficile pour chacun de nous de s’en apercevoir : la colère, la rancune, la jalousie, le désir de vengeance, le refus du pardon, la convoitise, la cupidité, les antagonismes et les rivalités sont des signes évidents que nous avons quitté la maison de Dieu.

    En ce deuxième dimanche du temps de Carême, demandons à Dieu la grâce de savoir toujours écouter toujours la première voix qui nous rappelle que nous sommes les bien-aimés du Père.

    Crispin MBALA,sj

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