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Père Curé
Père Crispin Mbala sj

3e dimanche de Pâques Année liturgique A

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3e dimanche de Pâques Année liturgique A
Textes : Actes des Apôtres 2,14.22b-33 ; 1Pierre 1,17-21 ; Luc 24,13-25.

Frères et sœurs, Shaloom !

En ce troisième dimanche de Pâques, nous fixons notre regard sur le passage de l’évangile de saint Luc qui nous relate le récit de deux disciples d’Emmaüs que nous connaissons bien. Le texte parle de deux disciples. Le chiffre deux peut symboliser la communauté, avec ce qu’elle implique de différence et de complémentarité entre ses membres. L’un des disciples répond au nom de Cléophas, et l’autre, qui n’est pas nommé représente chacun de nous.Les deux ont quitté Jérusalem pour se rendre à Emmaüs, leur village d’origine, suite à la déception que la mort du Christ sur le bois de la croix avait provoquée en eux.

 

Au fait, les deux avaient tout quitté et s’étaient mis à la suite du Christ. Et voilà que l’homme sur qui portait tout leur espoir fut arrêté, fouetté, crucifié et traité comme un bandit. Ces deux amis ouvrent la longue marche de ceux qui espéraient et qui se trouvent déçus. Qu’est-ce à dire ? Ils tournent le dos vers Jérusalem, c’est-àdire le Temple, lieu de la présence de Dieu. Ils abandonnent la foi en Dieu. Car leur espoir est tombé en ruine. Ils croyaient en Jésus, le Messie, et l’avaient suivi avec joie. La tristesse a transformé leur visage et leur cœur. Beaucoup d’interrogations font surface dans leur mémoire.Comment cet homme qui avait éveillé le meilleur en nous a-t-il pu finir si lamentablement sa vie ? Lui qui a opéré tant de signes, a guéri les malades, multiplié les pains, fait entendre les sourds, ressuscité Lazare, chassé les démons, etc. !
Les deux déçus d’Emmaüs doivent tout reprendre à zéro. La honte de rentrer dans le milieu qu’ils ont quitté il y a quelques années, les habite. Ils n’ont rien : pas d’argent, pas de pirogue, pas de maisons, etc. Ils comprennent que le temps passé ne revient plus. Quelle perte !

De Jérusalem à Emmaüs. C’est sur ce trajet qu’un inconnu les aborde : « De quoi parlez-vous en chemin ? ». C’est le premier mot que Jésus leur adresse afin qu’ils ouvrent leur cœur au dialogue et au partage. L’homme doit avoir une oreille attentive pour écouter ses frères et sœurs qui sont dans le besoin. Il faut toujours chercher à se mettre à la place de l’autre pour le comprendre afin de l’aimer. L’accompagnement spirituel fait appel à l’esprit d’écoute. C’est dans cette perspective que Jésus va cheminer avec les deux disciples qui sont encore
aveugles. « L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci ». « Quels événements ? » (Lc 24, 18- 19), demande le Christ ? Ils lui parlèrent de tout ce qui s’est passé.

En clair, Jésus les rejoint, se fait proche d’eux. Il marche à leur pas et fait route avec eux. Il ne s’impose pas, ne force pas, mais se propose. Jésus fait son chemin avec les deux disciples qui représentent notre communauté. Car l’échec nous affaiblit et nous rend tièdes. L’expérience de disciples d’Emmaüs est celle de nos communautés, de nos familles, de nos CEVB, de nos paroisses et de notre diocèse. Que les lieux de nos échecs deviennent des lieux de résurrection. Jésus va alors aider chacun à revenir dans son propre cœur pour retrouver le chemin : un chemin de mémoire, un chemin d’intelligence pour les cœurs lents à comprendre. Tout en cheminant avec eux, il les invite à repenser le chemin parcouru, revoir leur passé. « Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 26). Jésus veut que les deux disciples ne s’arrêtent pas au tombeau ouvert et vide. Il les pousse à chercher plus loin, plus profond, et à reprendre le chemin des Ecritures. De fil en aiguille, il leur expliqua dans toutes les Ecritures en partant de Moïse et de tous les prophètes, ce qui le concernait (Lc 24, 27). Petit à petit, les cœurs de disciples s’ouvrent, et ils invitent l’inconnu : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse ».

Jésus accepte leur invitation. Le partage de la parole a suscité un intérêt particulier auprès de deux amis. Ils ne voulaient pas lâcher cet inconnu. L’écoute de la Parole de Dieu apporte toujours la paix, la quiétude, la joie, le réconfort à celui qui l’accueille de tout cœur. Le partage du pain fut alors le moment de connaissance et de reconnaissance. Lui, le Christ alla son chemin. L’eucharistie, sacrement d’unité, pousse les disciples à se remémorer les gestes de Jésus. Ils ont enfin compris que l’étranger, c’était bel et bien le Christ ressuscité. « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Ecritures ? ». D’Emmaüs à Jérusalem. Les disciples finirent par éprouver le besoin de repartir et de témoigner de Jésus-Christ ressuscité.

Frères et sœurs, notre vie ressemble à celle de disciples d’Emmaüs. Pensons à tous nos échecs, à toutes nos déceptions, à toutes les situations difficiles qui nous arrivent. Rappelons-nous les mots que nous avons prononcés contre Dieu, toutes les décisions négatives que nous avons prises. Tels sont nos chemins d’Emmaüs.

A présent, cherchons à repartir avec le Christ, ce qui signifie comprendre que notre vie ressemble aux mystères du Rosaire : il y a les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux. Le tout se termine par la gloire au Père, et au
Fils et au Saint-Esprit. Tel est le chemin de Jérusalem. Chemin de la Foi, de l’Amour et de l’Espérance. Malgré la pandémie qui secoue notre monde, n’oublions pas que le Ressuscité est toujours présent au milieu de nous. Faisons- lui confiance. Cherchons à l’invoquer pour qu’il nous fasse passer sur l’autre rive, celle de l’espérance. Car le désespoir n’est pas chrétien (Cf Rm 5, 5). Restons associés au mystère pascal pour vivre de la lumière du Christ. Amen !

Crispin MBALA, sj.

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2 commentaires

  1. Merci Père curé pour la parole de ce dimanche
    Nous avons plus besoin de faire confiance en notre Seigneur qui est toujours avec nous sur le chemin de la vie. Que Dieu nous aide à lui laisser nous conduire et nous illuminer dans ce monde et surtout en cette période. Que nous ne puissions pas perdre notre espérance.
    Jesus, j’ai confiance en toi!

  2. Nous devons comprendre et croire en la proximité de Jésus dans nos vies. Que cette proximité nous conduise à la charité et à la mission d’evangelisa toon.

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